L’église Ste Geneviève
et son quartier


Quelques photos de la visite par Nicole CARRIEZ 

  Sites à visiter

 

Paroisse

Vidéo

 

 

Répertoire 

La Presse

         

Une réunion pour sauver l'église Sainte-Geneviève
Le quartier dans les temps anciens

L'Eglise Ste Geneviève

 Extraits de

" MON QUARTIER, MA VIE "

de Pierre Boillet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Quelques photos de Nicole CARRIEZ

Visite avec

 

   de      

 en Oct. 2006

2006-10_ste_gene_nc-00.jpg

2006-10_ste_gene_nc-01.jpg

2006-10_ste_gene_nc-02.jpg

2006-10_ste_gene_nc-03.jpg

2006-10_ste_gene_nc-04.jpg

2006-10_ste_gene_nc-05.jpg

2006-10_ste_gene_nc-06.jpg

2006-10_ste_gene_nc-07.jpg

2006-10_ste_gene_nc-08.jpg

2006-10_ste_gene_nc-09.jpg

 

2006-10_ste_gene_nc-10.jpg

 

2006-10_ste_gene_nc-11.jpg

 

 

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 Une réunion pour sauver l'église Sainte-Geneviève 

L'église du quartier Courlancy a besoin de gros travaux. Comment les financer ? Une réunion sur le sujet a lieu demain soir.


Le père Marlin : « Croyants et non croyants sont concernés,

 Comment sauver l'église Sainte-Geneviève ? Une réunion se tiendra demain, mardi 18 octobre, sur ce sujet dans la crypte du bâtiment en question.

Sujet fort délicat si l'on en croit le prêtre de la paroisse, le père Marlin, car cette église, une des deux placées sous sa houlette (l'autre étant Sainte-Clotilde), est aujourd'hui bien mal en point. « Comme tout bâtiment, explique le prêtre, Sainte-Geneviève a besoin d'entretien ; on commence à voir des infiltrations d'eau ; de gros travaux sont à engager, sur le clocher en particulier, sur le parvis, en fait sur l'ensemble… Sans parler des mises aux normes, comme l'accès des personnes handicapées. » C'est à tel point que le père Marlin n'écarte pas entièrement l'hypothèse d'une fermeture pure et simple de ce pittoresque édifice du quartier Courlancy, même s'il souhaite évidemment ne pas en arriver là.

Comme on peut s'en douter, tout est finalement une affaire de gros sous : des devis remontant à trois ans faisaient état d'un coût de l'ordre de 600 000 euros pour le seul clocher. Aujourd'hui, même si le curé préfère rester évasif sur ce point, on tournerait plutôt autour du million vu tout ce qu'il y aurait à faire

Un million d'euros ?

Or l'histoire a fait que Sainte-Geneviève, à la différence de la plupart de ses consœurs comme Sainte-Clotilde ou Saint-André, qui sont propriété de la Ville, appartient aujourd'hui à l'archevêché, qui n'a guère les moyens de financer des travaux aussi lourds. « Cette église avait été construite à la fin du XIXe siècle dans le cadre de la fondation privée Roederer-Boisseau, rappelle le prêtre, fondation qui a aussi donné naissance à l'école Saint-Michel, à l'hospice Roederer. L'archevêché a décidé de s'en porter acquéreur dans la première moitié du XXe siècle lorsque l'argent de la fondation s'est épuisé. »
Alors que faire ? Garder l'église ? La fermer ? « C'est toujours malheureux de fermer une église », commente le père Marlin. Mais si on la garde, comment financer les travaux ? En créant une association ? En comptant sur la ville de Reims dans le cadre de son projet de réaménagement du secteur, avec le départ plus ou moins proche du garage Renault du bas du pont de Vesle ? La réunion de demain soir (20 h 30 à la crypte de l'église, rue Cazin) devrait évoquer toutes ces hypothèses et d'autres encore, pour alimenter la réflexion. « L'invitation est lancée à tous les gens du quartier, souligne le prêtre, croyants ou non, pratiquants ou non, parce que cette église fait partie du patrimoine commun. » Elle sert encore pour la messe dominicale et dans des occasions plus particulières comme des mariages et des obsèques. Mais pour combien de temps encore ?

Antoine PARDESSUS

Extrait de l'union du 18/10/2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

PREMIER PLAN

Pierre Boillet, mémoire du quartier Porte de Paris-Courlancy 


Pierre Boillet devant une reproduction de l'ancienne école Martin-Peller immortalisée par son fils.
Alain MOYAT

Les abattoirs ont disparu. L'école Martin-Peller, son école chérie qu'il avait défendue en 1966 a finalement été détruite. Le presbytère a cédé la place à une extension de l'école Saint-Michel. En voyant de plus en plus d'immeubles cubiques s'élever dans son quartier Pierre Boillet a le blues. Avant que son secteur, le quartier Porte de Paris, Sainte-Geneviève, La Haubette, Courlancy ne fasse disparaître les repères de son enfance, le septuagénaire a décidé de l'immortaliser.                      ..

En 64 pages et 36 illustrations, l'auteur nous en apprend beaucoup sur ce secteur. « Je suis arrivé à 2 ans rue Cazin où j'habite toujours dans la maison construite en 1884 par mon arrière-grand-père ».

Excepté l'absence pour raisons professionnelles de 1974 à 1987, il a toujours vécu là. « C'était un quartier tranquille hors de la ville, un vrai village. Tous les gens se connaissaient, Il y avait des soirées à la salle des fêtes des abattoirs avec M.Matruchot et M Rogez. directeur d'école avait une bonne emprise sur la jeunesse. Fabien Hourdeaux, aussi, directeur de l'école Martm-Peller m'a beaucoup marqué par sa droiture. Le curé venait me chercher à la porte de l'école pour m'emmener au cathé.

Même s'ils n'étaient pas du même bord, je n'ai jamais senti de tension entre eux. Al'époque l'école et le patronage étaient très dynamiques. Mon ami Henri Voiselle, ancien lieutenant-colonel des pompiers a dit qu'il leur devait beaucoup. »

Marqué par l'histoire

Au fil du livre, Pierre Boillet parle de l'église Sainte-Geneviève construite en1878 grâce à Mme Roederer, à l'origine aussi de l'hôpital hospice, du couvent dispensaire qui faisait aussi orphelinat.

Il parle aussi des abattoirs où s'élève aujourd'hui la clinique des Bleuets. « II y avait à côté un bistrot appelé « La p'tite Villette » et une célèbre serveuse prénommée Régina qui se revendait avec le fonds de commerce.» Par chance épargné par la Première Guerre mondiale, le quartier accueillit l'archevêché à cette époque ainsi que le grand séminaire. Plus triste, l'évocation de la clinique Menciêre, «du nom d'un ponte de la chirurgie qui mériterait une rue à Reims » et où durant la dernière guerre les Allemands mettaient les résistants avant de les fusiller dans le trou du diable. « Je me Souviens que l'abbé Masson était à l'épreuve à chaque fois qu'il devait leur donner l'extrême onction. » Sur ce lieu où s'élève aujourd'hui le groupe scolaire Wilson ont aussi été fusillés des collabos. Pierre Boillet se souvient aussi quand les GMC de l'armée US ont défoncé la Porte de Paris, pas assez large ! Tour d'horizon sur les associations, clin d'œil à la Maison Balourdet, l'auteur évoque aussi les belles heures du vélodrome de La Haubette avec sa piste en bois où se pressaient les Rémois pour applaudir les Frères Rich ou Promesy. le nez dans le guidon, surnommé « le gros dos ».

Alain Moyat                          

« Mon quartier, ma vie » par Pierre Boillet. Disponible chez l'auteur, 9 rue Cazin. Tél. 03.26.08.62.69.

Extrait de l'union du 14/10/2006

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  


PATRIMOINE 

Le parc de la Cure-d'Air, lieu saint ignoré 

Situé à la fois rue François-d'Or et rue de Pargny, le parc de la Cure-d'Air est un lieu historique. Souhaitant faire connaître ce coin de son quartier, Pierre Boilet a donne, dans l'église Sainte-Çeneviève, quelques conférences qui l'ont amené à remonter aux sources mêmes de cette église. Il nous raconte.

Tout d'abord, il faut savoir que Napoléon a bivouaqué sur ce terrain avec ses généraux et ses troupes lors de la bataille de Reims du 13 mars1814 où il remporta une belle victoire en chassant les Russes et les Prussiens de la ville. Ce fait marquant est souligné par la présence, dans le square, d'un  monument central et de plusieurs stèles, érigés en hommage aux généraux de Napoléon et de ses jeunes recrues appelées les "Marie-Louis".

S'y trouve également une stèle, plus petite, pratiquement inconnue, qui marque l'endroit où se trouvait la chapelle Sainte-Geneviève aux-Camps. Il faut remonter vers 490 pour apprendre que Geneviève, rendant visite à saint Remi, et avec l'appui bien veillant de la reine Clotilde, s'arrêta en cet endroit et y séjourna. Clovis, alors, fit don à Geneviève de cette colline qui dominait Reims. En effet, le roi avait pour Geneviève une grande admiration et son père Childéric lui avait déjà recommandé la sainte femme dont l'action avait été. prépondérante à Lutèce.

La source de la paroisse

Plus tard, dans les prenïîères années du VII° siècle, une chapelle fut construite sur le lieu même où Geneviève s'est arrêtée. Elle porta le nom de Sainte-Geneviève-aux-Champs. Le portail de la chapelle regardait le soleil couchant et, devant, était un modeste cimetière. Cette chapelle avait pour paroissiens les habitants du chateau de Muire et des maisons des alentours. Pendant le temps de carême, on y venait en pèlerinage. La chapelle Sainte-Geneviève-aux-Champs fut détruite en 1760.

En 1875, une souscription permit d'acheter un terrain. L'église fut construite et la première messe dite le 7 avril 1877. La bénédiction de la nouvelle église eut lieu un an plus tard. En 1998, les noms de Geneviève et de Clotilde se trouvent à nouveau réunis lors de la création de notre paroisse nouvelle dite "Sainte-Clotilde, Sainte-Geneviève". Le square de la Cure-d'Air. lieu historique, est, on peut le dire, considère comme étant la source de la paroisse Sainte-Geneviève et je suis très heureux de le rapporter en ces quelques lignes.

Pierre Boillet                            

Extrait du Journal des paroisses d' Avril/Mai 2007

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


   Mr Pierre BOILLET    

Il est agréable de remuer et de narrer ses souvenirs, mais on réfute parfois de parler de soi-même. Je dois cependant me faire un devoir de vous dire que je suis né le 19 février 1929 rue Boulard à REIMS, venu habiter 9 rue Cazin, dans la maison construite par mon arrière grand-père, j'ai fréquenté l'Ecole Martin Peller de la maternelle à la primaire jusqu'en 1942, puis le lycée Rooseveit, pour rentrer très jeune au Crédit Lyonnais en mars 1944 où j'y suis resté pendant 43 ans pour terminer Directeur d'Agence. A mon activité professionnelle j'y ajoutais la Présidence d'Associations de Parents d'Elèves dont celle de l'Union Rémoise. Membre de la Caisse des Ecoles. Président de Croix Rouge dans le département de l'Eure. Création d'un club de ping-pong dans le même département. Passionné de chant, j'ai dirigé plusieurs chorales. En 1989, j'ai créé avec mon fils Pascal l'Association Art, Création, Culture, réunissant les Peintres et aussi les Poètes. Enfin, Président de l'Amicale des Retraités du Crédit Lyonnais de REIMS jusque janvier 2002. Après avoir écrit sur l'Ecole, sur Saint Remi, Sainte Geneviève et présentement sur mon quartier, c'est la passion d'écrire qui ressurgit après la poésie. Ainsi passe la vie intéressante et passionnante mais trop brève qui ne nous laisse pas toujours le temps de tout voir et de tout dire.

Extrait du livre "Mon quartier, ma vie"

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait du Livre de Pierrre BOILLET

" MON QUARTIER, MA VIE "

LE QUARTIER DANS LES TEMPS ANCIENS

L'Hôpital. Hospice Roederer
La Porte Paris
Les abattoirs
La Fonderie de Mulhouse
La Clinique Mencière

Rappelons que l'actuelle avenue de Paris, encore appelée LA HAUBETTE, s'appelait COLLINE SAINTE GENEVIEVE, du nom de celle qui reçut de CLOVIS, Roi des Francs, cet endroit où elle avait l'habitude de faire halte, lors de ses fréquents voyages à REIMS ; à l'époque où elle visitait le grand Évêque SAINT REMI, son ami, afin de préparer l'avènement de l'Elise pour la conversion du Roi CLOVIS, aidés en cela par la très chrétienne Reine CLOTILDE.

Sur le riant coteau sis au bord de la route de Paris, s'élevait sur la droite une modeste chapelle connue sous le nom de SAINTE GENEVIEVE AUX CHAMPS, son origine remonte aux premières années du 7ème siècle. Pendant le temps du carême, on y venait en pèlerinage. On visitait aussi un puits miraculeux dont les eaux chassaient la fièvre. Il fût creusé dit-on, quand la chapelle fut bâtie. Le portail de l'Eglise regardait le soleil se coucher. Devant était son modeste cimetière.

Le terrain changea de destination quand, en 1722, à l'occasion du sacre de Louis XV, on modifia l'alignement de la route de Paris. Elle faisait alors un coude autour de la colline au bas de laquelle elle passait. On la rendit directe en lui faisant gravir le coteau. La chapelle se trouvait après ce changement, à la gauche des voyageurs qui sortaient de REIMS, actuellement on situe cet endroit dans le parc boisé « dit Cure d'Air » en haut de la rue Flin des Oliviers et rue de Pargny.

En faisant ces travaux, et depuis encore en 1748, on trouva des tombes Antiques, des médailles Romaines, des cercueils de pierre ou de maçonnerie. Ces découvertes donnaient à la chapelle et au cimetière la preuve d'une haute antiquité. La chapelle SAINTE GENEVIEVE AUX CHAMPS fut détruite vers 1760.

REIMS est située au fond d'une vallée. Avant la chute des remparts et le tracé du canal, on ne découvrait d'aucun côté les campagnes qui l'environnaient. A cet égard, la modeste hauteur de Sainte Geneviève était privilégiée, aussi avait-elle reçu le nom de montagne de BELLEVUE. Le quartier fut pendant la révolution, nommé Faubourg d'EPERNAY parce que la route qui mène à cette ville y vient aboutir à celle de PARIS. On l'appelait Faubourg SAINT ELOI à la fin du siècle dernier.

Il doit ce dernier nom à une autre chapelle longtemps célèbre dans l'histoire de REIMS, elle était placée du même côté de la route de PARIS au bas de la colline Sainte Geneviève et en dehors de la dernière porte de la ville. On vit sa façade rester debout jusqu'en 1789. Une colonne de pierres qui divisait en deux la porte d'entrée, supportait la statue de Saint Eloi qui y était adossée.

La chapelle Saint Eloi était un des plus anciens monuments de REIMS. L'époque de sa construction primitive est inconnue. Elle se trouvait comprise dans le terrain d'une léproserie, connue sous le nom de Saint-Ladre où Saint Lazare recevait les individus de sexe masculin atteints de la lèpre.

Sur la gauche avant d'entrer en ville existait un bâtiment qui s'élevait sur un emplacement qui se nomma longtemps la Buerie ou la Buanderie. C'était là que depuis de nombreux siècles on lavait le linge de l'Hôtel Dieu de REIMS. C'est là que le 11 février 1575, Henri III reçut les hommages de la ville, avant d'entrer à REIMS demander la sainte et royale onction.

En 1668, une peste meurtrière désola REIMS, une chambre de santé s'organisa et chercha les moyens de combattre le mal. Un jeune chirurgien, Nicolas COLIN, deux Capucins, les Pères Louis et André, un médecin d'AY nommé PAGET se dévouèrent au salut public. Ils s'enfermèrent dans la Buerie avec les malades. S'ils ne pouvaient les sauver tous COLIN et PAGET ont au moins eu l'honneur de mourir avec eux. COLIN mourra le premier, le 30 juillet 1668, PAGET succombera le 25 septembre 1668. La Buerie se situait exactement à l'endroit où a été érigée la petite stèle, que l'on peut voir de nos jours, place Colin, près du Pont de Vesle, côté rue du Colonel Fabien.

A cette époque, l'accès de l'hôpital des lépreux était rendu difficile car la rivière Vesle, non maîtrisée, s'étendait largement en un marécage spongieux jusque l'endroit où s'éleva ensuite la porte de Paris ; dans les années 1930/1940, subsistait encore celle que l'on appelait la rivière « brûlée ». On trouvait alors de nombreux moulins, des lavoirs où les ménagères venaient régulièrement faire leur lessive, des abreuvoirs où les nombreux chevaux venaient boire.

Le souvenir de ce temps est resté, puisque l'on trouve encore aujourd'hui les rues de l'Abreuvoir, du Moulin Brûlé, des Bons Malades.

Extrait du livre "Mon quartier, ma vie"

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
L'Eglise Sainte GENEVIEVE

 La première place, sera pour cette femme exceptionnelle, généreuse chrétienne, qui pour l'amour de son prochain, rêvait d'alléger les misères des habitants.

Madame Eugene ROEDERER-BOISSEAU donna l'exemple d'un élan de solidarité, dans lequel on vit autour d'elle de généreux donateurs. Le quartier changea d'aspect, des terrains incultes jaillirent en 1875, l'Elise Sainte Geneviève, le Couvent des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, l'Hospice Roederer, la chapelle et l'ouverture du  cimetière de l'ouest rue de Bezannes, les patronages.



Mme Eugène ROEFERER-BOISSEAU

Sainte Geneviève était entourée de son presbytère et de ses patronages. Les travaux de son édification commencèrent en 1875 sur les plans d'Ernest BRUNETTE, elle sera livrée au culte le 2 avril 1877, mais consacrée un an plus tard par Monseigneur LANGENIEUX, Archevêque de REIMS ; le clocher et la façade principale seront ensuite édifiés, les travaux entièrement terminés en 1881. Elle est judicieusement construite pour regarder en ligne droite notre majestueuse cathédrale.

Il est nécessaire d'insister sur le rôle joué par la Paroisse Sainte Geneviève lors de la grande guerre 14-18, puisqu'elle avait pris le relais de l'archevêché, le centre de REIMS étant presque entièrement détruit. Situé dans un secteur relativement préservé de la destruction, le rôle de la paroisse devint prépondérant. Monseigneur LUCON, cardinal archevêque y faisait de fréquentes visites. Le grand séminaire y avait été installé.

Les Gendarmes, fidèles à leur Sainte Patronne, trouvèrent refuge dans la crypte protégée par la solidité de l'édifice et par leur foi en Sainte Geneviève, leur conduite dans REIMS dévastée fut héroïque, dans une mission d'ordre et de surveillance.

L'aspect intérieur de Sainte Geneviève a subi des modifications, le maître autel ne fut plus utilisé, puisqu'il obligeait le prêtre à se tenir dos aux fidèles. Ainsi, en 1961, l'Abbé DELARUE créa l'autel de face en utilisant la chaire sculptée qui se tenait au centre de l'église, il fit placer la grande croix qui y faisait face derrière le maître autel, telle que nous la trouvons aujourd'hui.

Le buffet d'orgues qui servit pendant de nombreuses années était tenu par Mademoiselle TERNANT devenue ensuite Madame SERU.

Rappelons aussi l'importance prise dans l'éducation de nos enfants par l'école primaire de Monsieur et Madame CARTIGNY, ainsi que les Sœurs de Saint-Vincent de Paul pour la création du collège qui deviendra le très important collège Saint Michel par l'ampleur qu'il prend aujourd'hui.

Extrait du livre "Mon quartier, ma vie"

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Hôpital. Hospice Roederer.

Dans l'œuvre de Madame ROEDERER figure, l'hôpital, hospice, situé rue de Courlancy, à mi-chemin entre les paroisses Sainte Geneviève et Sainte Clothilde. Cette œuvre remarquable, Madame ROEDERER n'a pas eu le bonheur de la voir réalisée puisqu'elle est décédée le 6 février 1897 soit plus de deux ans avant l'ouverture définitive de l'établissement qui devra porter la dénomination « Hospice Roederer Boisseau fondé en 1899 ».

Le 18 octobre 1899, a eu lieu la bénédiction de l'Hospice Roederer Boisseau par le Cardinal LANGENIEUX. Après la messe il a rappelé le souvenir de la femme de cœur, si généreuse, à laquelle les pauvres devaient ce nouvel asile. .

L'ouverture officielle est autorisée par la Commission Administrative des Hospices Civils de REIMS à la date du 15 mars 1900, mais depuis début février, déjà des vieillards très nécessiteux étaient entrés comme pensionnaires dans l'hospice. Ils étaient au nombre de six, trois hommes, trois femmes. Quatre Sœurs appartenant à la Congrégation des Religieuses de la Charité avaient été détachées de l'hôpital général, pour prendre soin des vieillards.

Le mandat du Maire de REIMS, Monsieur Henri NOIROT se terminait en cette année 1900 cédant son poste à Monsieur Charles ARNOULD. Les nouveaux membres du Conseil d'Administration sont installés dans leurs fonctions ; l'autorité municipale change ; les idées aussi.

En 1901, le Conseil Municipal déclare ne plus tolérer dans un établissement de soins publics, la présence de religieuses. Comme les religieuses de la Congrégation Saint-Vincent de Paul de la rue Cazin, les religieuses en service à l'hospice ROEDERER, subirent la politique très agressive appliquée par la Municipalité et l'Etat pour la laïcisation des services hospitaliers de 1901 à 1904, l'adaptation à ces nouvelles structures a été laborieuse.

Le 14 novembre 1903, la Congrégation des Augustines Hospitalières prenait l'Hospice ROEDERER BOISSEAU en charge, elle ne comptait alors que quarante vieillards la pluspart valides et ne demandant que très peu de soins.

Le 24 mars 1918, les Sœurs de l'Hospice Roederer Boisseau évacuèrent à ROUEN où une communauté de Religieuses Augustines Hospitalières les accueillirent pendant un an; elles rentrèrent le 21 mars 1919. Pendant leur absence les militaires français occupèrent les locaux en installant un hôpital de mille lits, la Fondation étant moins exposée aux bombardements que le centre ville.

En 1911, le cadre de l'Hospice est rendu plus agréable par la création d'un grand parc arboré par le paysagiste Monsieur Edouard REDONT et permet aux vieillards de bénéficier d'un véritable jardin promenade. Ce parc fut malheureusement sérieusement amputé lors de la construction de la « Résidence Wilson » qui communique avec l'Hospice Roederer par l'arrière et rejoint le boulevard Wilson en 1965. Cette résidence était conçue pour 370 pensionnaires. Malgré la création de cette importante maison de retraite, l'Hospice Roederer continua sa mission et les religieuses présentes se dévouent sans compter à ceux qui viennent finir leur vie. Le but fixé par Madame ROEDERER est ainsi scrupuleusement respecté.

Extrait du livre "Mon quartier, ma vie"

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 LA PORTE DE PARIS

 Elle était plus ancienne que l'église Sainte Geneviève, celle qui donna son nom au quartier dit de la « Porte Paris ». La porte en fer forgé, œuvre de deux serruriers rémois, LECOQ et REVEL, commandée pour le sacre de Louis XVI pour remplacer la vieille « Porte de Vesle » qui était la porte d'entrée de la ville.

Mais un retard dans son exécution l'empêcha d'être prête pour l'événement et ne fut édifiée qu'en 1775, un an après. Démontée en 1847, elle fut placée à hauteur des abattoirs et à l'intersection de la rue Martin Peller et de l'avenue de Paris.

Devenue gênante pour la circulation sans cesse croissante, elle gagna les basses promenades au début de l'année 1958 et trouve sa tranquillité en regardant le cirque, mais en conservant une histoire qui lui est propre et riche. Pour la petite histoire, la magnifique porte coûta à la ville de REIMS, la somme de 28 000 livres.

Extrait du livre "Mon quartier, ma vie"

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les abattoirs


Les abattoirs construits sur les plans de l'architecte rémois Narcisse BRUNETTE

Le 6 février 1835, le Conseil Municipal fait le choix d'un terrain sur lequel devait être édifié un abattoir public au service de tous les bouchers de la ville ; il remplacerait les différentes tueries plus ou moins malsaines disséminées, ça et là, dans toute la ville. Le terrain situé hors des remparts, près de la Porte Paris, sur un lieu appelé Barbacane, en raison de la porte fortifiée se trouvant à cet endroit garnie de meurtrières (barbacanes). L'emplacement choisi par la Municipalité était bien loin de faire l'unanimité, compte-tenu de sa situation excentrée, qui nécessitait de faire traverser toute la ville aux bestiaux venant généralement des ARDENNES. Les plus importants bouchers de la ville avaient préconisé l'installation de l'abattoir dans le Faubourg de Mars, sur un terrain appartenant aux hospices. Le Conseil Municipal refusa d'édifier à cet endroit, un foyer d'insalubrité, il garda donc l'idée première, trouvant que la proximité de la Vesle favoriserait le lavage de l'abattoir. L'édifice est donc construit et inauguré en 1839.

L'architecte rémois BRUNETTE édifia à l'entrée deux pavillons carrés, construits en respectant le style de construction de l'époque. En 1839, REIMS ne comptait que 40 000 habitants, l'augmentation de la densité de population, rendit les locaux insuffisants, la construction d'un nouvel abattoir fut entreprise en 1914. A cause des hostilités d'une guerre qui dura quatre ans et fut destructrice pour REIMS, le projet ne sera repris qu'en 1923 et les travaux achevés en 1928. Depuis cette date, et jusqu'à sa suppression en 1974, l'activité fut intense, un va et vient continuel des nombreux bouchers de la ville de REIMS qui venaient régulièrement s'approvisionner, donnait l'impression d'une communauté vivante où la bonne humeur régnait et les accords entre les parties se terminaient souvent au "Café de la Petite Villette", avec la célèbre REGINA, serveuse infatigable que tout le monde connaissait : c' était une figure ; le "Café de la Porte Paris", le "bar LEBON", le "Soleil d'Or" tenu par la famille LUDWIG, travaillaient aussi avec la grande famille des abattoirs.

Bien avant 1923, les abattoirs fonctionnaient au même endroit dans des locaux plus exigus et leur activité était déjà intense et rendait au quartier Porte Paris une vie qu'aucun quartier de REIMS ne connaissait.


Un groupe aux abattoirs avant 1940

L'histoire des abattoirs passe obligatoirement par les grandes familles que j'ai connues et dont les anciens m'ont parlé ; avec Madame BORCK, nous avons évoqué les membres de sa famille qui dirigeaient une importante triperie, qui vendait sa production sur les marchés et aux halles, ils avaient également créé une conserverie qui vendait aux succursales multiples de toute la France, je me souviens très bien de la famille FREROT et de sa réputation. La conserverie occupait une quarantaine d'ouvriers et se tenait rue des Bons Malades.

J'ai pu rencontrer Madame Pierrette BORCK, avec laquelle je me suis entretenu de son vécu à l'ombre des abattoirs, puisqu'elle vit, dans la maison familiale, acheté par ses grands-parents en 1885, à un marchand de vins, elle s'appelait « l'Auberge du camp souffrant » par rapport à la peste de 1635, on y mettait les moines atteints de la peste et les convalescents. La dénomination de la rue « Des Bons Malades » prouve l'exactitude de l'endroit des centres hospitaliers qui s'étendaient jusqu'aux confins de la Vesle, dans les lieux restés secs, car la Vesle se répandait en marécages et mettait obstacle aux déplacements des malades. Cet endroit était assez mal considéré par les bourgeois du centre ville.

La famille COMTESSE avait tenu le café « La Petite Villette » et qui de par cette fonction était connue de tous les bouchers, marchands de bestiaux, chevillards, tripiers de la ville de REIMS et des environs. Tout ce petit monde vivait dans une ambiance particulière de chaude amitié.

Monsieur et Madame Gaston LEBON, lui travaillant aux abattoirs, elle, tenait le café « Le Relaxe », Porte Paris et surtout Bernard, qui reprit le dur métier d'abattage de porcs ; il y a quelques temps, il parlait de ce métier difficile « les conditions étaient épouvantables dans les courants d'air, avec de l'eau froide, une fois saignés, il fallait monter les porcs au palan, les accrocher à une jambière pour les gratter, les ouvrir et les fendre en deux ; la viande était mise dans des frigos pour les charcutiers du Nord, de l'Aisne et de la Belgique ; je me souviens déjà qu'on tuait aussi des porcs hollandais nourris à la farine, ils sentaient le poisson ; au boulot de 4 heures du matin jusqu'à 17 heures, parfois 21 heures, je livrais la viande aux charcutiers jusqu'à 22-23 heures ». A la reprise de l'affaire paternelle en 1967, il assura le marché des Comptoirs Français et des Goulet Turpin à raison de quarante à quarante-cinq porcs par jour chacun.


Bernard LEBON au travail.

Plusieurs sociétés se partageaient les abattoirs dans les années 50. Maurice LEBON, Madame PATE pour les porcs, les frères MABILE et CHAPUIS pour les bœufs, les veaux et les moutons, Monsieur DORY pour les chevaux.

La fermeture des abattoirs en 1974 fut douloureusement ressentie par tous ceux qui les fréquentaient et qui employaient à cette date cent cinquante salariés.  Une page importante de notre quartier se fermait.

Extrait du livre "Mon quartier, ma vie" 

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La Fonderie de Mulhouse

Érigée en 1930 par Monsieur Joseph PERIN, elle avait son importance dans la vie économique du quartier puisqu'elle employa jusque 180 ouvriers. Ses installations étaient modernes et très fonctionnelles, permettant à l'usine de satisfaire à une importante production en appareils de chauffage, cuisinières, salamandres, abreuvoirs automatiques pour le bétail et carcasses de moteurs électriques pour les usines MARELLI. La production de la fonderie était soutenue, puisque son rayonnement s'étendait auprès de grosses entreprises, sur le plan national. Son fonctionnement était facilité par un espace libre de deux hectares autour des bâtiments, ce qui était nécessaire pour la réception du sable et l'évacuation des produits finis. Mais les temps changeant, les modes de chauffage aussi, ce qui réduisait considérablement le carnet de commandes, l'activité cessa donc et la destruction de l'usine le 31 décembre 1965, changea l'aspect du quartier. Des constructions neuves virent le jour et la rue de Mulhouse disparu pour parfaire à l'élargissement de la Voie De Gaulle.

Extrait du livre "Mon quartier, ma vie"

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La Clinique Mencière


L'importance prise de nos jours par l'imposante Clinique Courlancy efface peu à peu le souvenir de la clinique qui la précédait en ces lieux, la Clinique du Docteur Louis MENCIÈRE. La propriété s'étendait de la rue de Courlancy jusqu'au boulevard Wilson.

Le Docteur Louis MENCIÈRE né à SAINT  GENIS DE SAINTONGE (CHARENTES MARITIME) le 25 septembre 1870, fit ses études médicales à BORDEAUX et à PARIS. Il a été un précurseur puisqu'il fut le premier à fonder en France une clinique de chirurgie osseuse et orthopédique, en 1900 ; la ville de REIMS eu cet honneur. Il se distingua par des méthodes opératoires particulièrement efficaces qui furent universellement connues.

Pendant la grande guerre 14-18, il fut nommé chargé de mission pour étudier le pansement de guerre, ce dernier porte encore son nom.

En 1916, il fut chargé d'un service spécial de chirurgie osseuse à l'Hôpital du Grand Palais. Après 1918, il fut médecin Lieutenant Colonel de réserve et nommé Chevalier de la Légion d'Honneur à titre militaire.

Le Docteur MENCIÈRE a inventé de nombreuses méthodes de traitement et de nombreux appareils orthopédiques ainsi que la réduction avec levier de la luxation congénitale de la hanche.

Les débuts du Docteur MENCIÈRE à REMS furent modestes par l'ouverture d'une clinique orthopédique, rue du Pont Neuf. Il soigna Louise BOULANGER, en religion Sœur Saint Gabriel de l'Ordre de l'Enfant Jésus, qui par reconnaissance proposa de lui rendre des services. Le docteur eut l'idée que plusieurs religieuses de cette congrégation lui seraient bien utiles. Deux religieuses furent dépêchées auprès du docteur, autorisées par la Révérente Mère de la Congrégation.

Le développement et l'extension de l'activité de la clinique obligea le Docteur MENCIÈRE à s'établir l'année suivante dans un vaste immeuble rue Libergier.

Six religieuses chassées de l'enseignement par les décrets de 1903, apportèrent leur concours à la clinique et donnèrent satisfaction aux besoins de plus en plus grands.

C'est en 1904 que le Docteur MENCIERE acheta dans le quartier Courlancy la belle propriété « Les Dames de Nazareth » parties à l'étranger.


JARDINS D'AUTREFOIS
Clinique de Chirurgie Orthopédique de Reims et Sanatorium. 18 Rue de Courlancy
Vue du Parc.

Une dizaine de religieuses au moins furent employées dans cette nouvelle clinique. Elles dirigeaient tous les services : comptabilité, réception, garde de malades, surveillance de leurs traitements, soins donnés aux enfants, sans négliger leur instruction, cuisine, lingerie où toutes autres charges secondaires.

La responsabilité de cette clinique pesait en grande partie sur les religieuses au détriment de leur santé. C'était un grand souci pour la Révérente Mère. A la guerre de 1914, le docteur fût mobilisé. La belle clinique pourvue d'instruments et de machines modernes, fût occupée par une ambulance militaire qui amena tout son personnel. Les religieuses revinrent à la communauté.

Après la guerre, la clinique, restaurée, ne connut plus l'affluence des malades comme auparavant. Quelques religieuses seulement y revinrent pour s'occuper exclusivement des malades. En 1927, Mère Sainte Victorine jugea à propos de reprendre les religieuses de cette clinique qui végétait.

De 1941 à 1944, pendant l'occupation allemande, la clinique fût utilisée comme prison, les allemands qui occupaient la clinique y enfermèrent des résistants, des hommes et femmes politiques y vécurent ici leurs derniers jours de vie, puisque beaucoup d'entre eux furent fusillés dans un trou, appelé "le trou du diable", situé derrière le parc, boulevard Wilson.

Après la libération en août 1944, ce fût le tour des collaborateurs qui connurent le même sort. L'Abbé MASSON, curé de Sainte Geneviève supportait mal la tâche qui lui était confiée, d'apporter le soutien et l'extrême onction à tous ces malheureux ; drôle d'époque, pendant laquelle les jugements, mêlés de vengeances personnelles, firent commettre tant d'injustices. Les filles de joie, copieusement rasées pour avoir pactisé avec l'ennemi, firent également un séjour dans la vénérable clinique.

Il fallut attendre 1971 pour voir les démolisseurs anéantir la clinique Mencière et son histoire et faire place à l'importante clinique Courlancy que nous connaissons de nos jours.

Extrait du livre "Mon quartier, ma vie"

    

    

  Répertoire